
Si je devais donner le nom de plusieurs labels qui ont fait avancer le gangsta rap, je dirais Ruthless Records, Death Row Records et No Limit Records.
Bien sûr ici on va vous parler du dernier et plus précisément de son fondateur Percy Miller aka Master P "The Ice Cream Man".
Percy Miller est né le 29 Avril 1970 à la Nouvelle-Orléans en Louisianne. Master P est le cadet de la famille Miller, le plus vieux de ses frères s'appelait Kevin Miller et est mort dans la rue...
Suivent bien sûr ses petits frères C-Murder (Corey Miller), Silkk the Shocker (Vyshonne Miller) et sa petite soeur Germany.
P sera mariée plus tard à l'ancienne rappeuse Sonya C qui sorti un album sur le label.
La vie de Percy s'organise donc à la Nouvelle-Orléans dans le Calliope Project (C.P.3) , un des quartiers avec un taux de criminalité les plus élevés.
Très tôt Percy projette de poursuivre ses études ailleurs car la famille est très importante pour lui et comme Kevin avait malheureusement quitté ce monde il fallait que Percy prenne les choses en main car le deal n'était pas une de ces activités principale...
Sa vie s'organise autour du basket et de ses études de commerce.

Grâce au basket il gagne une bourse qui le fait débarquer sur la Côte Ouest des Etats Unis. Percy a de grosses influences funk étant né dans les années 70. Il s'intéresse donc fortement à la musique c'est pour ça qu'il décide d'ouvrir un magasin de cd (on ne fait pas des études de commerce pour rien..!).
Le magasin ouvre « officiellement » avec l'argent qu'il touche de l'héritage dû à la mort de son grand père. Bien sur cette thèse n'est pas vérifiée, on a rarement vu un homme noir âgé du sud des USA avec autant d'argent. Par contre le deal et le blanchiment d'argent peuvent devenir une forte source de revenus...
Voici donc Big P gérant de magasin (il s'appelle d'ailleurs déjà « No Limit » !), Percy reste un garçon intelligent et il voit que dans les bacs, le public ne trouve pas ce qu'il cherche, c'est à dire du son
avec des influences G-funk ou même P-funk à la George Clinton avec des rimes de la rue.
C'est donc comme ça que lui vient l'idée de distribuer ses propres disques. Il peut les revendre avec son magasin, il ne lui reste plus qu'à les faire.
P dégotte un groupe de producteurs les « Beats By The Pound ». Une fois les producteurs trouvés, il ne reste plus que les rappeurs, pourquoi pas déjà commencer par soi-même et après en faire profiter les petits frères (Corey et Silkk).
Tout commence avec ces cassettes au nom par exemple de : "I'm Going Big Time" ou "Trust No Body".
Mais pour nous tous, tout commença vraiment avec « Get Away Clean » en 1991 puis en 1992 avec « Mama's Bad Boy » et sa pochette purement ghetto (morts avec des bandes jaunes de délimitation policière...).
En 1994 arrive le célèbre « The Ghettos Tryin to Kill Me! » , du son West Coast et des paroles Gangsta avec des featurings de King George, C-Murder, Big Ed, Cali G, Sonya C, Silkk "the Shocker" et des feats de rappeurs qui ne sont pas liés à No Limit mais purements de la West Coast : JT the Bigga Figga et San Quinn.

Percy ne s'est pas contentés de sortir ses albums puisqu'en 1992 sort « Understanding the Criminal Mind » , le premier album de TRU (The Real Untouchables) ;
En 1993 sort « Who's Da Killer ? », toujours du groupe TRU avec P bien sûr, Silkk, C-Murder, King George, Big Ed, Craig G et Mia X!
Puis, en 1995 sort « 99 Ways to Die » , l'album aux deux pochettes pour ne pas choquer !
L'une représente P torse nu avec un cigare et des guns, l'autre avec un corbillard devant un cimetière.
Cet album amène les yeux des amateurs de gangsta rap.
Eazy n'étant déjà plus la et Tupac non plus, P eu simplement à mettre leurs noms sur ses cds pour y amener les amateurs dessus. A noter que les albums WEST COAST BAD BOYZ amènent une certaine renommée sur la côte avec les présences de C-Bo et autres rappeur de la Bay.
P s'est fait une renommée avec les "West Coast Bad Boyz" mais n'oublions pas "Down South Hustlers" avec la compilation
" Bouncin' And Swingin' '" où il promouvoit le Sud bien avant Lil Jon, Ludacris, Cash Money et d'autres....
Cette année là est aussi décisive pour le groupe TRU qui va sortir avec TRUE un des albums qui s'imposera sans mal comme classique du genre, grâce à un parfait équilibre entre quantité et qualité qui permet aux fans d'en avoir pour leur argent.
1996, P fait on va dire du porte à porte, c'est a dire dans chaque ghetto, il va voir le "boss" , lui file des cds et lui dit: "tous les quartiers à l'Ouest ecoutent sa" et tout ça crée un buzz qui amène No Limit à signer un contrat avec Priority Records.

Donc là c'est gagné, le label est en place il ne reste plus qu'à sortir un excellent album ce qui est chose faite avec la bombe "Ice Cream Man" un album ghetto WC comme on aime et comme on en fait plus, avec des feats des artistes du tank: Mia X, Silkk, Skull Duggrey, Big Ed ! Et toujours avec les Beats by the Pound avec Carlos Stephens ou le cousin à la voix d'or: Mo B. Dick !! ( mais pas de C-Murder pour cause de problemes avec la justice).

1997, c'est l'album Ghetto D, une pure bombe et peut être le meilleur album de Percy. En plus il s'est très bien vendu. ( 1997 Ghetto D The Billboard 200 No. 1
1997 Ghetto D Top R&B/Hip-Hop Albums No. 1 )
A cela s'ajoute le succès du double-album TRU 2 Da Game du groupe TRU qui finira double platine grâce aux talents de businessman de Percy Miller, avec ses stratégies de vente:
un double cd au prix d'un cd normal, le même genre procédé qu'il utilisait déjà en 1995 pour les EPs de ses soldats (Good Girl Gone Bad) : faire un EP avec la durée d'un LP et le vendre moins cher...
Voilà P donc bien parti pour devenir ce qu'il voulait être.
Revenons en à P, l'homme qui fait des films aussi: "I'm Bout it" avec sa B.O. en 1997 regroupant C, Silkk, Mia X, Mac, Mystikal, Fiend, Mr.Serv-On, Big Ed... mais également des artistes très reconnus par les puristes de son West (Brotha Lynch Hung, E-40 & B-Legit) ou South (UGK, Eightball & MJG).
Combiné avec un single ravageur comme If I Could Change , pas étonnant que la réputation de notre bonhomme ne fasse que grandir.

1998, No Limit est un empire critiqué mais bien en place.
Bien mis en place puisque P innonde le marché à l'aide de nouvelles sorties No Limit Records tous les mois, vu qu'il s'est déjà fait un nom et qu'il fait de la pub pour chacune de ses nouvelles sorties dans les booklet des cds, cela assure d'excellentes ventes à chaque nouveau coup d'essai.
Critiqué je vous rassure par le rap intello et anti gangsta, le même qui manifeste contre Tupac...
Alors voici l'idée de P : quitter le rap game pour se consacrer à ses artistes, devenir en quelque sorte patron mais ne plus sortir de cds.
MP Da Last Don serait donc le dernier de ses albums... vous me direz, P venait de signer Snoop Dogg dans ses rangs !!

La retraite aura durée un an, certains diront que ce n'était qu'un coup de pub, le même que pour Good Side / Bad Side.
En tout cas voilà en 99 "Only God Can Judge Me" , un nom à la Tupac pour les mêmes raisons:
malgrè les critiques, je continue, je suis noir
et riche et je vous emmerde...
Un album avec de new soldja come Magic, D.I.G. et même Nas qui fait une apparition sur une track où il vantera l'apport de No Limit au HipHop notamment avec des films comme Foolish !
En 2000 il sort Ghetto Postage avec l'arrivée de Crazy, la confirmation de C-Murder, la création des 504 Boyz et les confirmations comercialles de TRU.
2001, là cela se gâte pour les fans de P, signature avec Universal pour beaucoup de $$ et sortie de son Gameface, un album semblable à celui de son fils Lil Romeo, c'est à dire beaucoup de samples de Funk et de Disco (Bee Gees, Jackson 5).
L'album possède des singles efficaces qui lui permettent d'élargir son public mais les fans de la première heure sont très décus par l'album.
Les ennuis de P commencent avec l'incarceration pour meurtre de C-MURDER (Free) et le manque de crédibilité des news 504 Boys.
2004, le message est passé, P résilie avec Universal car mine de rien les albums de Romeo, Choppa et des 504 Boyz n'ont pas bien marchés.
P signe donc avec Koch Records, un label Allemend indépendant qui possède déjà B.Gizzle, l'ancien Cash Money.
Ce label lui offre les mêmes garanties que Priority à l'époque.
Voici donc en 2004 "Good Side/Bad Side" (double cd contenant un dvd movie en plus)
avec quelques sons produits par Lil Jon et un C-Murder qui rappe du téléphone de la maison d'arrêt.
Lil Romeo fait muer sa voie et Silkk et Curren$y sont toujours aussi doués.
Résultat, l'album s'est vendu et à constitué au retour de No Limit grâce notament à des clips comme Act A Fool & Why They Wanna Wish Death, tout en permettant de vendre bien grâce à la chanson club Them Jeans.
2005, Master P continue de faire vivre son Nouveau No Limit Records avec la sortie de l'album de Silkk : Based On A True Story.
2005, c'est aussi la sortie du nouvel album de TRU : The TRUth.
Là P opère de gros changements avec la signature d'un nouveau producteur Drumma Boy pour s'ajouter à Mike Diesel.
Ce nouveau projet s'avère une bonne surprise niveau qualité mais l'esprit TRU n'est plus là, C-Murder chante sur une seule chanson… Silkk sur 3…
Halleluyah est donc la nouvelle signature NNL.
Ce MC originaire de New Orleans vient pallier le départ de Curren$y à Young Money Records.
L'album finira quand même 54éme au Billboard et 2éme au top album indépendant.

Le colonel peut donc se lancer dans son 12éme projet solo : Ghetto Bill Gates : The Best Hustler In The Game Vol.1…
Un très bon album supérieur à Good Side Bad Side, produit par Drumma Boy et Mike Diesel avec des featurings de Young Buck et Slim Thug sans oublier bien sur des membres du label comme Silkk, Hall', Lil Romeo, les Blacks Sopranos et Pop la signature de Silkk.
L'album a la pochette representant le Callioppe Project montre qu'après toutes ces années de carrière plus tous les millions amassés, le colonel garde son Project à cœur et continue de le representer via New No Limit Records.
Année déjà très importante pour Master P, mais elle le devient encore plus avec une nouvelle surprise, un joker qu'il gardait encore dans sa manche pour faire face à toutes les critiques qui lui reprochaient d'être trop vieux, de faire partir tous ses anciens soldats... Cette solution s'appelle Guttar Music.
Master P quitte donc Koch pour être indépendant à 100%, tout contrôler, de la promotion à la distribution et en récuperant 100% des bénéfices (il a déjà prouvé à plusieures reprises qu'il etait LE best hustler...).
C'est comme cela que 3 nouvelles sorties ont lieues en Novembre 2005, avec l'album des 504 Boyz dédicacé aux victimes du terrible Ouragan Katrina qui devasta la Nouvelle-Orléans.
Cette sortie marque le retour de Krazy alias Doc Holiday dans l'écurie Guttar Music !
Les 2 autres sorties seront sans surprise, l'album des RichBoys, groupe de Lil Romeo formé avec Lil D, C-Los, Young V et Big Doug (qui quittera le groupe quelques mois plus tard, voir la section interviews pour plus d'informations) ainsi qu'un nouvel album de Master P, (le 2ème cette année!!) avec Living Legend: Certified D-Boy.
On retrouve un son plus street qu'avant, plus gutter, il n'est plus question des singles qu'il avait pu nous offrir depuis 1999.
Suite à cela, Master P alias Cookie Monster prévoit un bel avenir riche en sorties pour son label et ses nouveaux soldats.
C'est comme cela qu'il se connecte avec un rapper West du nom de Cognito (retour aux sources?) qui sortira en Mai son album Recognition sur Guttar Music et Damage Records.

P a fait beaucoup de choses, du Basket en NBA (Toronto et Charlotte Hornets) , des portables (No Limit Airlewss) , des habits de Street Wear (No Limit Gear puis P.Miller) , des films (I'm Bout it, I Got the Hook Up, 60 Secondes Chrono -avec Nicolas Cage...) et meme des accessoires automobiles....
Même après toutes ces années, il semble toujours prêt à conquerir de nouveaux domaines et toucher à tout ce qui est touchable. Ainsi, il participa à l'emission Dancing With The Stars en 2005 où il effectua un parcours remarquable malgrè les juges qui tentèrent de lui bloquer la route (il passa grâce au soutien de ses millions de fans prêts à voter pour lui plusieures fois d'affilée).

Il a même pour ambition de conquérir le marché de la Musique Digitale, ces albums disponibles en mp3 pour 0.99€ / titre, où sortirent des albums comme America's Most Luved Bad Guy (du réchauffé mélangé avec de l'exclusif) ou encore Get It How U Live (de C-Los) et Black N White (T-Bo & Bblack) pour que tout le monde soit prêt à acheter cela quand ca sortira en cd...

Master P est devenu un mogul au même titre que Puff Daddy, Dr. Dre, c'est à dire un rappeur / producteur qui a amené du renouveau dans le rap game.
P est sorti du ghetto pour devenir riche et célèbre... sans son éclosion beaucoup ne rapperaient pas aujourd'hui, et rien que pour cela il doit avoir du respect.
Je ne connais pas beaucoup de rappeurs qui sortent des discs depuis 1990...
Comme le dit P :
" God Bless America Coz No Limit Still Bout It Bout It ! "